Les banques suisses calculent votre capacité d'emprunt selon un taux théorique de 5%, même si le taux réel est bien inférieur. Ce 5% intègre : intérêts (5%), amortissement (1%/an jusqu'à 65% LTV), entretien (1% de la valeur du bien).
La somme de ces charges ne peut pas dépasser 33% du revenu brut annuel du foyer. C'est la raison pour laquelle beaucoup de ménages peuvent payer un loyer élevé mais ne passent pas le test hypothécaire — le test est conservateur par design.
Règle 1 — 20% minimum : l'apport total doit couvrir au moins 20% du prix du bien (plus frais d'acquisition).
Règle 2 — 10% en fonds durs : au moins 10% du prix doit provenir de fonds propres "durs" — épargne personnelle, 3e pilier 3a, donations, héritage, vente de titres. Les retraits LPP ne peuvent pas constituer la totalité des 20% d'apport.
Note : le 3a retiré compte comme fonds durs. Le nantissement 3a ne compte pas dans l'apport réel mais réduit l'hypothèque effective.
Amortissement direct : vous remboursez directement la dette chaque année. La dette diminue, la déduction fiscale des intérêts aussi.
Amortissement indirect (via 3a) : vous versez le montant d'amortissement dans votre 3e pilier 3a. La dette reste constante, mais vous bénéficiez de la déduction fiscale du 3a chaque année ET d'un capital constitué. À l'horizon de la retraite, le 3a est retiré pour rembourser partiellement l'hypothèque. Dans la plupart des cantons suisses, l'amortissement indirect est fiscalement plus avantageux.
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Comment fonctionne une hypothèque en Suisse ?
Le financement hypothécaire maximal est de 80% de la valeur de nantissement. Sur les 20% d'apport, au moins 10% doivent provenir de fonds durs (épargne, 3a). Les 10% restants peuvent venir du LPP.
La règle du tiers est le critère central : charges théoriques (taux 5% + amortissement + entretien) ≤ 33% du revenu brut. Ce test est conservateur par design pour protéger les emprunteurs.
L'amortissement indirect via le 3e pilier 3a est fiscalement avantageux dans la plupart des cantons : la dette reste constante, la déduction fiscale annuelle du 3a compense largement le coût des intérêts supplémentaires.